45 ans de naturisme… et une nouvelle page à écrire

Dans 2026

Avant de parler plus avant de Cigokilt, de kilts, de marchés ou de commerce de proximité, il me semble important de vous dévoiler une autre partie de mon parcours, beaucoup plus ancienne et qui a occupé une place particulièrement importante dans ma vie.

Je suis en effet un fervent naturiste et défenseur de cet art de vivre depuis près de 45 ans.

Tout a commencé alors que je n’avais que 17 ans, lorsque j’ai fait mes premiers pas dans un lieu qui allait compter pour moi : la gravière naturiste de Strasbourg.

Pour être tout à fait honnête, je n’ai pas découvert cet endroit à la suite d'une grande réflexion philosophique sur le naturisme. Je l’avais simplement aperçu quelques années auparavant, un peu par hasard, à l’occasion d’un déplacement en voiture avec mon père.

Mais cette première découverte avait éveillé ma curiosité.

Il faut dire que, depuis mon plus jeune âge, j’avais toujours été particulièrement attiré par la nudité et que je pratiquais déjà, à ma manière, un certain naturisme « domestique » dès que je me retrouvais seul à la maison.

Alors découvrir qu’il était possible de vivre cette sensation en plein air, au contact de la nature et sans avoir à se cacher, a été une véritable révélation.

J’ai immédiatement accroché.

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De la gravière aux vacances naturistes

Cette première expérience allait naturellement en appeler d’autres.

Au fil des années, j’ai eu l’occasion de pratiquer le naturisme durant mes vacances, à la plage, au camping et dans différents lieux adaptés à cette pratique.

Mes destinations de vacances étaient d’ailleurs choisies avec un critère supplémentaire : la possibilité de pratiquer le naturisme !

Le naturisme est ainsi devenu progressivement bien plus qu’une simple manière de passer quelques heures au soleil. Il s’est installé dans ma vie comme une véritable façon d’appréhender certaines choses, avec cette sensation de liberté particulière que procure le fait de pouvoir vivre simplement, sans vêtements, dans un environnement où cela est partagé et accepté par tous.

Mais ce qui m’attirait le plus n’était finalement pas la nudité en elle-même.

C’était tout ce qui l’accompagnait.

Bien plus qu’une histoire de nudité

Pour moi, le naturisme a toujours été avant tout un art de vivre.

Bien sûr, il y a le plaisir de profiter de la nature et des éléments en tenue de peau. Mais il y a surtout cette impression de simplicité, cette relation différente avec les autres et avec son environnement.

Ce qui me séduisait particulièrement, c’étaient les valeurs qui, à mes yeux, accompagnaient cette pratique : le respect, la camaraderie, la convivialité et l’entraide.

Dans un espace naturiste, le vêtement disparaît, mais surtout, en théorie, une partie des barrières sociales qui peuvent nous séparer les uns des autres.

C’est cette dimension humaine qui m’a véritablement passionné.

L’envie de m’investir

Il y a un peu plus de dix ans, j’ai rejoint le plus important centre naturiste d’Alsace.

Et comme je ne suis manifestement pas très doué pour rester longtemps simple spectateur, je me suis progressivement investi davantage dans la vie associative et dans la promotion de cet art de vivre auquel j’étais profondément attaché.

Au fil des années, j’ai ainsi occupé différentes responsabilités.

J’ai notamment été président de mon association, président du Conseil Régional d’Alsace de la Fédération Française de Naturisme et membre du Bureau Fédéral de la FFN.

Des responsabilités qui m’ont permis de découvrir une autre facette du naturisme : celle de son fonctionnement associatif, de sa représentation et de sa défense.

Elles m’ont surtout donné l’occasion de rencontrer énormément de personnes, de participer à de nombreux projets et de consacrer du temps à une cause qui me tenait profondément à cœur.

Quand les valeurs s'effacent…

Mais, comme souvent dans la vie, les choses évoluent.

Et parfois pas forcément dans le sens que l’on aurait souhaité.

Au cours de la dernière décennie, j’ai progressivement constaté une évolution des mentalités au sein du milieu naturiste. Ce constat est évidemment personnel, lié à mon expérience et aux situations auxquelles j’ai été confronté.

Ce qui m’a progressivement éloigné de cet univers, ce n’est pas le naturisme lui-même. Je reste profondément attaché à ce qu’il représente et aux valeurs qui m’ont donné envie de le pratiquer pendant toutes ces années.

C’est davantage le décalage que j’ai pu ressentir entre ces valeurs et certaines attitudes rencontrées au fil du temps qui a fini par me peser.

Le respect, la camaraderie et l’entraide, qui avaient toujours constitué à mes yeux une partie essentielle de cet art de vivre, m’ont parfois semblé laisser davantage de place aux individualités et aux égos.

Et lorsque l’on s’investit bénévolement, que l’on donne de son temps et de son énergie pour défendre quelque chose auquel on croit profondément, il arrive un moment où l’on se demande si l’on est encore au bon endroit.

Pour reprendre une comparaison très actuelle : le respect, la camaraderie et l’entraide sont devenus aussi difficiles à trouver qu’un litre d’essence à moins de deux euros !

Même si, contrairement au prix du carburant, j’aurais aimé pouvoir faire quelque chose pour inverser la tendance…

Tourner une page sans renier son histoire

Petit à petit, je me suis donc éloigné de cet univers.

J’ai démissionné de mes différents mandats et pris du recul par rapport à l’engagement associatif qui avait occupé une place si importante dans ma vie pendant de nombreuses années.

Cela n’a pas été une décision facile.

Lorsque l’on a consacré près de 45 ans à une passion, que l’on y a consacré du temps, de l’énergie et une partie de son parcours personnel, il n’est évidemment pas possible de tout effacer d’un simple claquement de doigts.

Je ne renie absolument rien de cette période.

Elle fait partie de mon histoire, m’a permis de vivre de très belles expériences, de rencontrer des personnes formidables et, surtout, de comprendre encore davantage ce que je recherche dans les relations humaines.

J’ai simplement ressenti le besoin de prendre un autre chemin.

De chercher ailleurs ce qui m’avait tant attiré dans le naturisme à mes débuts : la simplicité, la convivialité, le partage, la proximité et cette capacité à se retrouver autour de valeurs communes.

Et c’est justement cette recherche qui m’a conduit vers de nouvelles aventures, de nouvelles rencontres… et finalement vers des projets que je n’aurais probablement jamais imaginés quelques années auparavant.

Mais ça, c’est une autre histoire.

Et ce sera justement l’objet d’un prochain billet.